Le lien qui unit l’insomnie et la dépression est ô combien complexe. En effet, l’insomnie est cumulativement l’un des catalyseurs de la dépression et l’un de ses symptômes. L’insomnie peut donc être à la fois la manifestation de cette pathologie sous-jacente mais également son déclencheur, il existe donc dans certains cas une interdépendance entre le sommeil et par extension les perturbations qui peuvent le frapper et la dépression. Concrètement, votre dépression peut être aggravée par des carences en sommeil et votre dépression peut également être la cause du développement de troubles du sommeil comme les insomnies ou la fragmentation de votre sommeil. Alors, dormeurs sujets à des insomnies ou traversant un épisode dépressif, cet article est là pour vous aider à passer au mieux cette mauvaise passe !
À RETENIR
- L’insomnie et la dépression sont interdépendants c’est-à-dire que ces deux troubles peuvent mutuellement s’aggraver.
- L’insomnie est à la fois l’un des symptômes de la dépression et l’un de ces déclencheurs.
- Les insomnies ne sont pas systématiquement prédictives d’une dépression. En effet, les insomnies peuvent être occasionnées par le stress et des changements d’habitudes soudains.
Quel lien entre insomnie et dépression ?
Le lien qui unit insomnie et dépression est bidirectionnel c’est-à-dire que l’insomnie est à la fois un symptôme clinique de la dépression au même titre les troubles alimentaires ou le ralentissement psychomoteur et un déclencheur de la dépression.
💡 Le saviez-vous ?
En France, près de 9% de la population est sujette à des insomnies sévères. Par ailleurs, les femmes sont davantage touchées dès l'adolescence par ces troubles.
Bien entendu, des insomnies ponctuelles ne sont pas systématiquement le présage d’une dépression, il est essentiel de garder la tête froide et de ne pas céder à la psychose dans ces circonstances. La dépression fait l’objet d’un certain tabou en raison de la diabolisation dont elle est victime provoquée par les idées reçues la concernant consistant à dire qu’elle est annonciatrice d’un inexorable déclin de la personne affectée. Il est donc primordial de distinguer les différentes formes de dépression (sévère, chronique, saisonnière…) qui n’auront indiscutablement pas la même influence sur votre vie.
Trêve de digression, vous l’aurez donc compris, l’insomnie peut être un symptôme de dépression, elle doit donc vous mettre la puce à l’oreille, toutefois ne doit aucunement vous tracasser outre mesure. Nous vous recommandons donc de vous rapprocher d’un professionnel de santé, afin d’écarter tous les risques de pathologie sous-jacente telle la dépression.
💡 Le saviez-vous ?
En France, la prévalence (nombre/taux de cas d’une maladie recensé) de l'épisode dépressif caractérisé (EDC) sur une période de 12 mois était de 12,5 % chez les adultes âgés de 18 à 85 ans en 2021.
Les troubles du sommeil comme l’insomnie et par extension tous les troubles affectant vos cycles de sommeil, agissent comme des stimulis sur vos émotions les rendant ainsi plus vives. Cette hypersensibilité inhérente au manque de sommeil est un facteur de risque d’aggravation de votre dépression.
Quelles sont les conséquences de l'interdépendance entre insomnie et dépression ?
Les effets provoqués par vos insomnies répétées ou vos épisodes dépressifs, qu'ils soient légers, modérés ou sévères, sont nombreux. Ils traduisent clairement la nécessité d’une prise en charge afin d’endiguer la progression de ces troubles et des symptômes qui leur sont associés.
🚀 Conseil d'expert
Si vous suspectez une affection d’un proche ou de vous-même à la dépression, nous vous recommandons de vous rapprocher sans plus attendre de votre médecin traitant ou d’un professionnel de santé compétent qui sera à même de confirmer votre diagnostic et pourra vous prescrire un traitement adapté pour vous soulager et guérir.
Les conséquences de cette interdépendance se manifestent par :
- Une aggravation des symptômes dépressifs (amplification de la fatigue, la tristesse, l’irritabilité et la perte de motivation
- Un augmentation du stress et de l’anxiété
- Une diminution des capacités cognitives (troubles de la concentration, perte de mémoire, la manque de sommeil est véritable poison pour votre cerveau)
- Un affaiblissement du système immunitaire
- Des difficultés relationnelles et professionnelles
- Un risque accru de pensées suicidaires (facteur de risque d’émergence d’idées suicidaires)
Si vous souffrez d’une dépression sévère, que vous êtes sujets à des pensées suicidaires et/ou que vous êtes isolé, n’hésitez pas à contacter des associations comme SOS Amitié qui dispose d’une permanence téléphonique pour écouter toutes les personnes en état de détresse psychologique.
Briser le cercle vicieux : comment soigner l’insomnie et la dépression ?
Il va de soi que les conseils et solutions que nous allons vous livrer ne sont applicables que dans le cas d’une dépression légère. En effet, le recours à des solutions médicamenteuses est parfois requis pour soigner la dépression, n'hésitez donc pas à consulter votre médecin traitant !
Une prise en charge psychologique
- La thérapie cognitivo-comportementale (méthode efficace contre l’insomnie et la dépression visant à inverser la nature des pensées et améliorer les habitudes de sommeil)
- Relaxation et méditation (certaines techniques comme la cohérence cardiaque ou la pleine conscience permettent une réduction du stress)
Améliorer son hygiène de vie
- Se coucher à heure fixe (favorise l’autorégulation de l’horloge interne)
➡️ Pour en savoir plus, consultez notre article : Les cycles du sommeil : tout ce qu’il faut savoir !
- Pratiquez une activité physique (minimum 30 minutes d’exercice par jour afin de réguler votre fatigue et vos humeurs)
- Alimentation équilibrée (privilégier des aliments riches en tryptophane (précurseur de la sérotonine) comme les noix, bananes, œufs)
La prise éventuelle d’un traitement médicamenteux
- Médicaments antidépresseurs (sous ordonnance)
- Hypnotiques ou anxiolytiques (indiqués en cas d’insomnie chronique, leur prise doit cependant rester ponctuelle en raison des risques élevées de développement d’une dépendance)
- Compléments naturels (mélatonine, la valériane ou la passiflore… peuvent aider à retrouver un sommeil réparateur)



